Presque rien — mais ce rien devient sujet.




Avec Water Tanks, Sébastien Boffredo isole un motif banal du paysage new-yorkais — les réservoirs d’eau — pour en faire une forme autonome, détachée de toute fonction et de tout contexte. Par un geste de réduction radicale, l’objet est dépouillé jusqu’à sa seule présence : un volume, une surface, une masse.
La photographie ne documente plus la ville, elle la suspend. Privées de narration et d’inscription urbaine, ces structures deviennent des images closes, qui n’indiquent plus rien d’autre qu’elles-mêmes. La frontalité du cadrage, rigoureuse et sans échappée, impose une relation directe, presque contraignante au regard.
Avec Water Tanks, il ne reste presque rien — et c’est précisément ce reste qui fait image.
B.R.






